Le hype de l'IA est terminé. Tant mieux.

Le hype de l'IA se dégonfle enfin. Bonne nouvelle : on passe de l'expérimentation aux résultats concrets. Les entreprises « ennuyeuses » gagnent.

Bon, on va pas se mentir : ça fait deux ans qu’on nous bassine avec l’IA qui va « révolutionner le monde », « remplacer tous les jobs » et accessoirement « apporter la paix dans le monde » (j’exagère à peine). Et là, en ce début 2026, on assiste enfin à quelque chose d’intéressant : le soufflé retombe.

Et franchement ? C’est la meilleure nouvelle qu’on pouvait avoir.

Le réveil après la gueule de bois

Regardez autour de vous. Les chiffres sont là, et ils sont assez violents : en France, seulement une entreprise sur dix rapporte un ROI significatif et mesurable sur ses projets IA. Une sur dix. Genre, on a dépensé des millions en licences, en consultants, en « transformation digitale » (j’adore cette expression), et au final, 90% des boîtes n’ont pas grand-chose à montrer.

Du coup, est-ce que l’IA c’est de la merde ? Non. Est-ce qu’on s’est fait avoir par le marketing ? Un peu, ouais.

Le truc, c’est qu’on est passé de « l’IA va tout changer demain » à « bon, en fait, faut peut-être réfléchir à ce qu’on en fait ». Et c’est exactement ce dont on avait besoin. 2026, c’est l’année du discernement, pas l’année de la hype ni celle de la désillusion totale.

Les chiffres qui font mal (mais qui font du bien)

Parlons concret, parce que c’est là que ça devient intéressant :

  • Un tiers seulement des cas d’usage IA ont atteint le stade de production. C’est le double de 2024, certes, mais ça veut dire que les deux tiers sont encore au stade du PoC qui traîne dans un coin de Google Drive.

  • 80% des entreprises auront utilisé la GenAI d’ici fin 2026. Super. Sauf que « utiliser » et « utiliser intelligemment », c’est pas la même chose, hein.

  • Le gap entre les annonces des éditeurs et la réalité des PME ? 12 à 24 mois. Donc quand Microsoft annonce une feature révolutionnaire, comptez un an et demi avant que la PME de Montélimar puisse vraiment en profiter (et encore).

Bref, on est dans cette phase un peu bizarre où tout le monde a testé ChatGPT au bureau, mais personne sait vraiment comment l’intégrer proprement dans les process.

Les « ennuyeux » ont gagné

Et c’est là que ça devient vraiment intéressant. Pendant que les startups à la con levaient des millions pour des projets IA « disruptifs » (spoiler : la plupart ont fermé ou pivotent vers autre chose), les boîtes « ennuyeuses » ont fait un truc fou : elles ont bossé sur les fondamentaux.

Les organisations qui ont pris le temps d’intégrer l’IA correctement — avec une vraie réflexion sur les process, la formation des équipes, la qualité des données — elles voient des gains de productivité de 15 à 30%. C’est pas de la magie, c’est du boulot bien fait.

Du coup, le vrai différenciateur en 2026, c’est pas « est-ce que t’as de l’IA », c’est « est-ce que t’as de l’IA qui sert à quelque chose ».

L’AI Act débarque (et c’est pas plus mal)

D’ailleurs, petit rappel : le 2 août 2026, l’AI Act européen entre pleinement en vigueur. Et là, ça va faire du tri. Fini les projets IA « on verra bien », bonjour la compliance, la documentation, les audits.

Certains vont râler (c’est un sport national), mais en fait, c’est exactement ce qu’il fallait. Ça va forcer tout le monde à se poser les bonnes questions : c’est quoi le risque ? c’est quoi la valeur ? c’est quoi le plan B si ça foire ?

Les boîtes qui ont déjà cette rigueur vont cartonner. Les autres vont devoir rattraper leur retard en mode panique. Classic.

Le paradoxe des entrepreneurs

Un truc qui m’a fait sourire dans les stats : 85% des salariés qui lancent leur boîte utilisent la GenAI pour la planification. Genre, pour écrire leur business plan, faire leurs projections, structurer leur offre. Et 56% des entrepreneurs veulent accélérer leur développement en 2026 grâce à l’IA.

C’est paradoxal, non ? D’un côté, le hype corporate se dégonfle. De l’autre, les gens qui créent des trucs utilisent l’IA comme un outil normal, sans en faire tout un fromage.

En fait, c’est peut-être ça la vraie maturité : utiliser l’IA comme on utilise Excel ou Google. Un outil. Pas une religion.

Ce que ça veut dire pour vous

Bon, concrètement, qu’est-ce qu’on fait de tout ça ?

Si vous êtes en entreprise : arrêtez de courir après la dernière annonce d’OpenAI ou de Google. Concentrez-vous sur un ou deux cas d’usage concrets, mesurez les résultats, itérez. Le « proof of concept permanent » c’est fini, faut passer en prod.

Si vous êtes freelance ou indépendant : vous avez un avantage énorme. Vous pouvez tester, adopter, adapter beaucoup plus vite que les grosses structures. Profitez-en pour automatiser ce qui vous gonfle et vous concentrer sur ce qui a de la valeur.

Si vous êtes curieux : c’est le meilleur moment pour apprendre. Le hype retombe, les ressources sont meilleures, les outils plus matures. Vous pouvez vous former sans avoir l’impression de courir après un train qui va à 300km/h.

La suite ?

Je suis plutôt optimiste pour la suite, en fait. On sort de la phase « l’IA va nous sauver/nous détruire » pour entrer dans la phase « bon, c’est quoi le plan concrètement ? ». Et c’est là que les choses intéressantes commencent.

Les entreprises qui vont cartonner en 2026-2027, c’est pas celles qui ont le plus de budget IA ou les partenariats les plus clinquants. C’est celles qui ont compris que l’IA, c’est un moyen, pas une fin. Celles qui ont investi dans la formation, dans la qualité des données, dans des process qui tiennent la route.

Bref, les « ennuyeuses ». Et ça, ça me plaît.


Le hype est mort, vive l’utilité. Et si vous cherchez des skills IA qui servent vraiment à quelque chose (et pas juste à impressionner en réunion), vous êtes au bon endroit.