Moltbot : l'agent IA auto-hébergé qui affole GitHub avec 100K étoiles

Moltbot (ex-OpenClaw) cumule 100K+ étoiles GitHub en un mois. Agent IA auto-hébergé, souverain et open-source : pourquoi la France devrait y regarder de près.

Bon, on va pas se mentir : quand un projet open-source passe de zéro à 100 000 étoiles GitHub en un mois, c’est que quelque chose de profond se joue. Et ce quelque chose, en France, ça devrait nous parler plus que quiconque.

Moltbot, c’est un agent IA qui tourne sur ta propre machine. Pas dans le cloud d’une boîte américaine. Pas sur les serveurs d’OpenAI ou de Google. Chez toi, sur ton hardware, avec tes données qui restent tes données. Dans un pays où la souveraineté numérique est un sujet politique depuis dix ans, où le RGPD est devenu une fierté européenne, et où on a toute une culture du self-hosting (coucou les lecteurs de Korben et les abonnés r/selfhosted)… ce projet mérite qu’on s’y attarde.


Moltbot, c’est quoi au juste ?

À la base, c’est un mec qui s’appelle Peter Steinberger, un dev autrichien assez connu dans le milieu iOS (il a créé PSPDFKit, devenu Nutrient). Le type s’est construit un assistant IA perso, branché sur toutes ses messageries, avec un thème homard parce que… pourquoi pas. Il a appelé ça Clawdbot. Puis il l’a open-sourcé.

Et là, c’est devenu complètement dingue.

Le projet a récemment été rebrandé en Moltbot, parce que le homard a « mué » (molted en anglais – oui, les devs et leurs jeux de mots, on les connaît). Techniquement, c’est du Node.js/TypeScript, ça tourne avec pnpm, et ça supporte Claude, GPT-4, ou des modèles locaux via Ollama. Licence MIT. Tu possèdes tout.

Mais le truc vraiment intéressant, c’est ce que ça fait.


Agent vs chatbot : la différence qui change tout

Faut bien comprendre un truc : Moltbot n’est pas un chatbot. C’est un agent. Et la nuance est pas cosmétique, elle est fondamentale.

Un chatbot, tu lui poses une question, il te répond. C’est ChatGPT dans ton navigateur. C’est Claude dans sa petite fenêtre. Tu inities l’échange, il réagit, fin de l’histoire.

Un agent, c’est autre chose. Un agent agit. Il bosse en arrière-plan, il se connecte à tes outils, il automatise des tâches sans que tu aies besoin de le relancer à chaque fois. Moltbot peut gérer tes mails, organiser ton calendrier, exécuter du code, lancer des tâches cron, piloter un navigateur, et même – d’après un utilisateur sur le Discord – négocier l’achat d’une voiture par email (économie réalisée : 4 200 dollars, quand même).

Du coup, on passe d’un outil qu’on visite à un outil qui vit avec toi. C’est pas la même philosophie.


Pourquoi 100K étoiles en un mois (et pourquoi ça nous concerne)

J’ai vu pas mal de projets open-source exploser ces dernières années. Celui-ci tape différemment, et en France on a des raisons supplémentaires d’y prêter attention.

Souveraineté numérique, enfin concrète

On en parle depuis des années. Les rapports s’empilent. Les politiques font des discours. Mais concrètement, la souveraineté numérique, ça veut dire quoi au quotidien ? Moltbot propose une réponse simple : ton IA tourne chez toi. Point.

Chaque conversation, chaque fichier, chaque clé API reste sur ton hardware. Pas de cloud tiers. Pas de vendor lock-in. Pas de CGU qui changent un mardi matin. Dans un contexte post-RGPD où les entreprises françaises se font taper sur les doigts à coups de millions d’euros pour des transferts de données vers les États-Unis (merci Schrems II), un agent IA qui ne quitte jamais ton réseau local, c’est pas juste un gadget de geek – c’est un argument de conformité.

Le self-hosting, c’est dans notre ADN

La France a une culture du self-hosting qui est franchement sous-estimée à l’international. Entre Yunohost (projet français, d’ailleurs), l’écosystème autour de Nextcloud, les communautés Proxmox, et cette manie très française de vouloir tout héberger soi-même sur un vieux Thinkpad dans un placard… Moltbot s’inscrit pile dans cette lignée.

Un Mac Mini, un serveur Linux, même un Raspberry Pi : ça tourne. Et tu gardes le contrôle. C’est exactement le genre de projet qui fait briller les yeux dans les meetups French Tech et les hackathons de Station F.

15+ intégrations messagerie, direct

C’est le killer feature que beaucoup sous-estiment. Moltbot se branche sur WhatsApp, Telegram, Slack, Discord, Signal, iMessage, Teams, et une dizaine d’autres. Tu changes pas d’app. Tu restes dans tes habitudes. L’agent débarque là où tu es déjà.

En termes d’adoption, c’est redoutable. Pas besoin d’apprendre un nouvel outil, pas besoin de convaincre toute l’équipe de migrer vers un truc inconnu. L’agent arrive dans ton Slack, il bosse, basta.

La réputation du créateur

Peter Steinberger, c’est pas un inconnu. PSPDFKit est utilisé par des boîtes comme Dropbox, Autodesk, ou la Deutsche Bank. Quand un dev de ce calibre open-source son assistant IA perso, la communauté regarde – et quand elle voit que le truc marche vraiment, elle adopte.


Le virage vers les agents, c’est pas du buzz

Moltbot n’arrive pas de nulle part. Gartner prédit que 40 % des applications d’entreprise intégreront des agents IA spécialisés d’ici fin 2026. OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft – tout le monde construit des frameworks d’agents. Le Copilot de Microsoft devient plus agentique à chaque mise à jour.

Mais là où Moltbot se distingue, c’est qu’il incarne l’agent personnel. Pas l’agent de ton département IT. Pas le SaaS d’une boîte californienne. Ton agent, sur ton matos, qui bosse pour toi.

Et ça, en France, où on a cette tradition de méfiance (souvent justifiée) envers les GAFAM, ça résonne particulièrement. Les devs français qui passent l’année à voir les outils IA devenir à la fois plus puissants et plus verrouillés, Moltbot leur propose l’inverse : plus puissant et plus libre. C’est pas rien.


La question sécurité (parce qu’il faut en parler)

Bon, je vais pas faire l’autruche : il y a un sujet sécurité, et il est sérieux.

Des chercheurs ont déjà repéré des problèmes sur certaines installations Moltbot. Des clés API exposées. Des tokens OAuth accessibles. Des historiques de conversations lisibles par quiconque trouve le bon port. Quand tu as un agent IA branché sur tes mails, ton navigateur et toutes tes messageries qui tourne 24/7… c’est une surface d’attaque conséquente.

Le projet intègre des protections – codes d’appairage en DM pour les contacts inconnus, sandboxing Docker, intégration Tailscale pour l’accès distant. Mais soyons honnêtes : la majorité des gens qui installent Moltbot ne sont pas des ingénieurs sécu.

Du coup, si tu te lances, quelques règles de base :

  • N’expose jamais le port 18789 sur l’internet public
  • Utilise le sandboxing Docker pour chaque session
  • Relis les skills avant de les installer (c’est du code, pas de la magie)
  • Configure Tailscale ou un VPN pour l’accès distant
  • Fais tourner tes clés API régulièrement

C’est pas de l’alarmisme, c’est du bon sens. Le même que pour n’importe quel service auto-hébergé qui touche à des données sensibles. Et dans le contexte du RGPD, si tu gères des données perso via Moltbot, c’est ta responsabilité de DPO qui est engagée, pas celle de Peter Steinberger.


Ce que Moltbot comprend bien sur l’avenir

Trois trucs se dégagent, et ils sont importants :

Le multi-canal, c’est la bonne approche. Personne veut une app de plus. Un agent qui te retrouve là où tu es déjà – dans WhatsApp, dans Slack, dans iMessage – c’est comme ça que l’IA devrait fonctionner. Le meilleur outil, c’est celui qu’on oublie d’ouvrir parce qu’il est déjà là.

Les skills comme plateforme. Moltbot a un système de « skills » (ils appellent ça ClawdHub) où la communauté construit et partage des fonctionnalités. Ça rappelle un truc ? C’est exactement le même principe que ce qu’on fait chez FindSkill : des skills IA réutilisables, que tu copies, tu personnalises, tu utilises. L’idée que la puissance de l’IA vient des prompts et des workflows bien pensés, pas juste de la capacité brute du modèle, elle est en train de gagner.

Le local-first, c’est enfin viable. Faire tourner de l’IA localement, avant, ça voulait dire de la qualité médiocre. Avec des modèles comme Claude, GPT-4, et même les options locales via Ollama qui sont devenus aussi bons, le self-hosting n’est plus un compromis. C’est un choix. Et en France, avec nos débats sur le cloud souverain et la dépendance aux infrastructures américaines, c’est un choix qui a du poids.


C’est pour toi ou pas ?

Si tu es dev et que tu es à l’aise avec Node.js, Docker et le self-hosting : fonce. Moltbot est un des projets open-source les plus intéressants de la vague agents IA. Les 130+ contributeurs et les 8 900+ membres du Discord garantissent que tu seras pas tout seul.

Si tu es pas technique mais que les agents IA t’intéressent : pas encore. L’installation demande un minimum de confort en ligne de commande. Mais garde un oeil dessus, parce que l’écart entre « outil de dev » et « outil pour tout le monde » se réduit vite.

Si tu veux juste de meilleurs résultats IA maintenant : t’as pas besoin de self-hoster quoi que ce soit. Un prompt bien ficelé sur Claude ou ChatGPT automatise déjà la plupart des tâches individuelles. La différence avec Moltbot, c’est qu’il tourne en continu, sur toutes tes plateformes, sans que tu aies à le déclencher à chaque fois.


Le fond du sujet

Moltbot prouve un truc que tout le monde pressentait : les gens veulent des agents IA, pas des chatbots IA. Ils veulent des outils qui bossent pour eux en arrière-plan, sur toutes les plateformes qu’ils utilisent, sur du hardware qu’ils contrôlent.

C’est une vision radicalement différente de « va sur chatgpt.com et tape ta question ».

En France, où la question de la souveraineté numérique n’est pas un débat abstrait mais un enjeu industriel et politique concret, ce mouvement vers les agents auto-hébergés a une résonance particulière. On a l’infrastructure communautaire, la culture technique, et surtout la volonté de ne pas dépendre entièrement des plateformes américaines.

Que Moltbot devienne le standard ou pas, c’est pas la question. Le pattern, lui, est clair : l’IA passe d’un truc qu’on visite à un truc qui vit à côté de nous. Et ce truc-là, autant qu’il tourne chez nous.

Le homard a mué. Et il va pas rentrer dans son ancienne carapace.


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